jeudi 31 janvier 2013

Arguments - 2 - L'homme - 2 - Rencontre (2)


Malgré l'extrême proximité et malgré l'absence d'occultation, nous ne sommes jamais l'objet de notre propre savoir. Sauf à l'occasion de chacune de nos morts. Voilà pourquoi certains d'entre nous meurent beaucoup.
retour au corps. faire parler la fin. ne pas boire l'eau du sursis. mordre l'apaisement. prendre le temps de savoir.
Tout chemin est frayé pour la deuxième fois, même celui qui provient de la naissance. L'échec est une image.
dégât végétal de la place d'appel. déperdition endurée par l'oubli. souffle ébréché fidèle au doute. colmater où l'on peut le creux des inscriptions résurgentes. ruissellement de noms sous les tumulus d'ordure. ravinement du mutisme. désignations larvaires déterrées.
C'est une fable qui nous meut. Nous ne frayons pas des chemins vierges, nous suivons à la trace ce que nous aurions pu avoir été.
sillages de poussière où sont les nôtres. laisser traîner l'ébauche d'un récit avorté. parcourir ce qu'on est.
L'expulsion est multiple. La source et l'aboutissement s’entre-tuent. La transition est notre monde et nous n'y habiterons pas. Essayez seulement de désigner les choses.
inventaire des choses. la désignation des lacunes complique l'opération. entre une pierre à goudron et un crampon de fer fiché en terre. entre un tronçon de pneu et une ortie mutilée. le nombre respire. il y a toujours quelque chose à dire.
Le lien de nous aux choses est la perte réciproque. Et nous partageons avec les choses le lieu vide qui en résulte, où les choses viennent boire leur être et où nous nous recouvrons.
pyramide de déchets bariolés. plastiques et chiffons polychromes. partageons la détresse des choses sans nom commises à nous nommer.