mardi 19 février 2013

Arguments - 2 - L'homme - 3 - L'incarnation (5)


Le souffle est déjà un mot qui épuise le sens. C'est par excès, et non par défaut, que nous ne pouvons pas bien nous comprendre, ni faire comprendre.

le vide aux murs se laissera parcourir. chose ouverte aux effractions. parcours des doigts et des lèvres. rampement des souffles. peau déchirée voici un nouveau signe de chair et de pierre.

De l'intention probablement, et du sens, dans le frémissement infime des pores et des papilles, hérissements de poil, nœuds des nerfs et des organes, tremblements de paupière et tous les autres débordements inapparents du corps. Même un dieu doué de parole n'en viendrait pas à bout.

s'offrir de face à la corrosion du temps et des matières. tenir droit dans le brouillard toxique. se laisser ronger par la corrosion de l'air. démontrer que tout ce qui s'écrit ne se lit pas.

 Ce n'est pas seulement l'autre qui a déjà capté le sens dont nous sommes l'origine, mais aussi l'air et les choses, les poussières et les cendres, les astres et le firmament en furent imprégnés. Le peu que nous comprenons en provient.

couché au sol les épaules appliquées à la complication statique du déchet. opérer le départ par le regard. les yeux devant le gris cendre céleste. firmament de délais incinérés.

Ce n'est pas vraiment le sens que nous cherchons, et qu'en ferions-nous si un dieu nous l'octroyait, nous cherchons les failles, les échardes, les taies qui le mutilent et qui le laissent reconstituer. Mais le sens lui-même est déjà une faille, une défaillance irréversible du réel tel qu'il est. L'excès de sens ne nous menace pas.

savoir tout fatigue. cesser de lire ce qui vient. brûler le déchiffrage. étouffer le regard cette bête enfoncée dans le tas de déchets. donner une parole à la parole.

Nous devrions nous étonner davantage face à cette attitude des choses ordinaires de notre environnement ordinaire qui sans arrêt accouchent de nous. Car, porteurs du sens qu'elles portent, nous sommes liés aux choses par un lien évident de filiation.

discernement tronçonné. les pas d'une part et d'autre part les lieux désignables. l'entassement des repères obscurcit le pourtour des choses. la fin des noms prolifère. lichen noir au bord du concept. moisissure mentale entre deux convictions vérifiées selon lesquelles quelque chose est là.