mardi 26 février 2013

Arguments – 2 – L'homme – 4 – La rédemption (1)


Seul ce qui ne peut pas mourir offense l'éternité. Les choses le savent et rejettent ceux qui le dénient. Car toucher les choses est l’évènement unique, irréversible et éternel.
par la meurtrière envol de fer tournoyant plus vite que les choses jusqu'à la collision contre le mur d'en face. soleil escarre ouverte. invite à se pencher sur la surface irisé du fragment métallique. ensuite tourner le dos et l'ignorer pour toujours.
Si la douleur t'anéantit, c'est une mauvaise lecture. La douleur ne saccage pas la vie, elle débusque la mort. Et la mort ne demande pas à être lue, elle demande à être fécondée.
coupelle blanche dans la terre. sable clair au creux du fragment de crâne. rebrousser chemin vers l'horizon ancien. accueillir le souffle d'un vent mnémonique. lire ce qui s'écrit à la surface du front. lettre issue de l'os. parvenir jusque là.
Le néant résulte de nos approches et de nos reculs. Il ne nous encercle pas, il avance et il s'éloigne. Cet écart est la terre.
enclave de terre cuite. fragment de dallage. résurrection des glaises strictement dépourvue de sens. nulle barrière ne préservait la pensée d'y déceler la marque d'un endroit pour revivre.
Le présent paraît nous expulser en s'annulant. En réalité sa disparition est une déhiscence. Il meurt et il pourrit, graine modeste et secourable issue de nous.
empreinte des pas sol natal. pays qu'on ne peut pas quitter. déportation locale. disparition explicite. l'absence écrit.
Nous ne sommes pas l'interruption du monde, nous sommes sa convergence. Et nous sommes aussi le désastre local où la convergence doit renaître.
démarcations obtenues par le ravinement d'urine sur la croûte de terre blanche. traînée de sueur sur le mur et autres chuchotements de la présence.