jeudi 28 février 2013

Arguments - 2 - L'homme - 4 - La rédemption (2)


Ce que nous sommes vraiment réside dans l'esprit d'un dieu qui nous observe, et de ce qui au-dessus de lui observe et valide son observation. La série n'a pas de terme, et tout est arbitraire.
le jour nous aveugle mais il est facile de savoir. cracher au mur et reculer. on était là.
Voir impitoyablement la réalité terminale du réel, regarder de toutes ses forces les choses elles-mêmes en leur pure présence, c'est dénuder le squelette d'un monde mort. Notre esprit est la chair du monde. La mort n'est pas le réel.
tempes de pierre imitation des ruines. brique d'os saillant aux pans de mur mi démolis. oubli bavard des différences. dedans dehors cassé.
La détresse qui ne tue pas écrit. Elle façonne le récit qui sert à nous raconter. Nous ne pouvons pas ne pas lire. Mais nous pouvons lire de travers.
douleur interrompue. se briser. se dédoubler. se lire. reprendre la séquence
La mémoire se montre comme elle veut. Ni spectacle ni récit. Une horloge, mesure pendulaire du présent et de la vie.
casemate violée. l'ombre oscille devant la meurtrière. voir et voir. simulation de mémoire aux coruscations stupides des micas sur la pierre du rebord. alternance austère de l'ombre sur le ciment. il est nécessaire de poursuivre.
Nous ne pouvons pas cesser de voir notre regard, son action, son contenu, strictement identiques au monde que, à cause de cela, nous aimons, nous haïssons.
garder les yeux ouverts dans le vent de limailles. regard greffé à un regard aveugle. douleur de l'évidence. rejeton cicatriciel d'un savoir occulté.