samedi 2 mars 2013

Arguments - 2 - L'homme - 4 - La rédemption (3)


C'est la mort qui nous fait naître. Si nous étions privés de ce qui, de ce savoir inconcevable, se montre quand même à nous, notre temps ne pourrait pas commencer. Nous devons recevoir ce viatique et cette bénédiction.
à la source les cendres. soif égarée que tout comble. viol de la précession. la réticence s'est colmatée avec nos résidus mentaux.
Nous ne nous épuisons pas comme un lambeau qui s'effiloche. Nous nous donnons. Comme un germe de vie, comme une haleine insufflée par l'esprit. Quelquefois avant la mort.
la peau à peine éraflée. vide futur plaie nue. chair sans bouclier où tout s'engouffre. les jours et les vers. la terre et la pourriture.
Ce qui nous heurte nous désigne. Le monstrueux est la manifestation de nos limites et constitue a contrario ce que nous sommes. Nous ne pouvons pas nous séparer du monstrueux.
soleil sur le bûcher de chardons et de charpies noires. face détaillée sous les palpations du feu. déchéance dénombrée. souffle d'air corrompu. une partie après l'autre le jour se disjoint. le déchet se montre et brûle. savoir progressif.
L'éternité réelle se pense en même temps que la mort. C'est là que nous la puisons. Nous volons l'éternité à la mort comme Prométhée la flamme à la table des dieux.
faux vertige. fin suspendue. dissection décommandée. reconstitution formelle de ce que cet échec décrit valablement. mort factice retour accompli.
Le présent est fuite et le sera toujours, selon toutes les modalités imaginables de la fuite. La fuite est bonne si on y demeure et il est inutile de fuir.
visage au sol. limon alimentaire. alluvion natal. bouillon de boue. coulée grise dans les mains et sur le devant du corps. une pluie est venue entre deux passes du feu. glaise de cendre et moulage du souffle.