jeudi 11 avril 2013

Arguments - 2 - L'home - 7- La terre (2)


Ce n'est pas tout de ne plus exister. Il y a pour les morts du plus et du moins. La mesure consiste en nos vies. Code mécanique à l'adresse des morts, des absents, des rejetés. Morse et palpitation, parole et cœur qui bat à l'intérieur du présent où nous vivons.
           

labours du temps. sans le savoir reniflons le sol des morts. chiens consciencieux sur l'empreinte d'un vide. piste péremptoire la progression est à ce prix.


Voir c'est faire être. Le regard clair n'est pas de mise. Seul l'extrême passivité proche de l'échec laisse le visible se constituer, survivre et respirer de lui-même. Le réel se nourrit de sa propre réalité. C'est la fonction de cécité. Ce pour quoi nous sommes dans le monde.


arche d'ombre dans le tremblement palpébral. de la présence s'effondre dans sa faille. yeux ouverts. trous de nuit observés derrière leurs parois d'ombre humide.


L'ombre se lit avec des lettres d'ombre. La clairvoyance dissipe, l'obscurité dissout. Interpréter abaisse. La lecture est une chute. Il faut le savoir et poursuivre.


baisser résolument les paupières. créer la nuit. le jour ne sera plus qu'une nuit écorchée vive. il est inutile de s'arracher les yeux.


Le retrait dénude l'empreinte. La disparition révèle le signe. Le silence libère le sens, à condition de l'avoir au préalable assujetti.


 recueil lisible des fractures et recension terminale de leurs supports de terre. bois de palissade et fragments d'affiche. guenilles pourvues de sens. tumulus de traces à ne pas franchir.


Rien n'est obligé d'avoir du sens. L'insurrection du monde est à chaque instant imminente. Nous n'y perdons rien, nous n'y gagnons rien.


stylet d'os. calligraphie vasculaire. lettre de sang dissimulé. le monde ne s'écrit qu'avec nous.