jeudi 4 avril 2013

Arguments - 2 - L'homme - 6 - Consécration (5)


Chacun de nous transforme la simple apparition en événement éternel. Abeilles de l'absolu au travail en chaque chose accidentelle qui éclot.


une fois vue une chose en vaut une autre. traduction timorée du monde en ses fragments résiduels. prunelles de sable savoir accompli.


Même en imagination, il faudrait anéantir le monde pour se voir entièrement. A contrario sa propre occultation est l'aurore du réel, la paupière de dieu.


requête d'ombre et de cendre. enlisement clairvoyant. la vue est un ferment de fosse. la présence pourrit.


La détresse est une nymphose mécanique. Il faut beaucoup de destruction pour dévoiler l'indestructible. Une paille, une nervure. Au bord de l'abolition.


mur de lumière. accablement fécondant. le personnage debout renaît dans la géométrie propre de ses os voués à l'absence. charpente d'homme ébauchée sur le mur. schéma d'un corps déchiffrable en lambeaux d'ombre.


Contraints de manger le temps comme une larve dans le bois. Pour l'éclosion, pas pour la chose qui éclot, ni pour la dépouille morte que ça laisse.


jour dégoulinant vers sa propre naissance. génération ininterrompue de l'heure amorphe. courir à contre sens du temps. devenir le dernier lambeau indestructible.


Comme une odeur spécifique, à chaque humain correspond un vide et nul vide ne ressemble à un autre. Il ne s'agit pas du vide terminal du mort mais de celui de chaque instant, celui où le temps respire et où l'éternité s'abreuve. Chacun aura à répondre du vide qu'il suscite


partir et tout laisser. emblèmes faits de creux et d'ombre comme un monde. matrice de toutes les inscriptions subséquentes. invention de l'exode. recueil terminal des traces de défection.