samedi 13 avril 2013

Arguments - 2 - L'homme - 7 - La terre (3)


Nous quittons le réel en route, comme en ayant compris. Chaque configuration du monde sera constituée, épuisée et franchie. Ni saut ni lacune. Rien ne sera contourné.


friche naissante rupture de la nuit aux tiges noires fracturées. dénudation des racines d'ombre érigées dans l'ombre. la découverte de l'aube s'organise. brume ouverte germe pâle du jour.


Objets paradoxaux qui nous soucient pour rien, la vie, moi, tel autre. Ne pas en savoir plus long que le réel. Mais laisser le réel savoir tout ce qui peut se savoir, et en participer. L'unique rigueur concluante est cette abstention.


aube pour finir. minute par minute le jour nous sacrifie à sa vérité posthume. casser les reins à la bête suicidaire. s'écrouler comme un mort pour fausser le calcul.


Même une piste erronée construit la forme du monde. Il n'y a pas de trajectoires, il y a des attestations ad hoc, des descriptions primaires sans matière préalable.


arrêt au parapet de glaise et de branchages. charpente mi végétale. connaissance du terme. mutilation de l'acte de nommer. restes du contre feu. débris d'une saison prescrite. creux d'ombre enchevêtrés. figure fruste des chemins détruits. orientations improbables écrites sur le sol de l'exode.


Le monde se déploie dans l'écart entre toi et toi. Et en ce peu de chose il y a toute la foison du temps et de l'être, les fleurs noires du néant, l'origine et la fin, l'ici-bas et l'au-delà. Mais arborant toujours un visage de monde.


préserver la défaite. seul les routes tronquées mènent du corps au corps. moignons du pays preuve des retrouvailles.


Nous ne marcherons jamais que sur nos propres débris. Mais nul autre ne marchera sur ce sol désastreux. Nous épargnons le monde pour les autres. Nous devons marcher.


animaux d'ombre pris dans la trame des barbelés défaits en attendant l'arrivée de la vase terminale. pisé de présence avant le monde. chemin de ronde clôturé. il ne faut pas rouvrir le sillon du déni. attendre ici dans la rigidité érosive d'un pas suspendu. nœud noué sur le cercle du salut.