mardi 16 avril 2013

Arguments - 2 - L'homme - 7 - La terre (4)


Il est toujours trop tard pour trier, et l'acte de trier résiste au tri. Le substrat du sens est tout ce qui arrive. En soustraire ne fût-ce qu'une infime parcelle d'ombre change la vérité. Vérité quand même.


produire beaucoup de boue originelle. organiser la réception des signes.


On ne fonde que vers le bas. Dans l'acte de fonder l'essentiel est de savoir cesser de fonder. L'excès de racines saccage le sol. La vie est un enracinement horizontal.


paroi de fosse. chiffon sectionné dans la terre. pourtour du camp. itinéraire blessé. tessons de verre et brique concassée. simulation d'un fondement durable. jour de débris. soleil cloué au sol.


Tu n'es chemin que pour toi et tu as déjà abouti. Ton chemin est épuisé. Ce qui se passe en toi n'est plus que la migration de toutes les choses à travers toi. Sois chose.


la terre est déjà fermée. rien n'adviendra à ta disparition. marche en toi.


Il y aura certainement une configuration terminale du monde. L'ensemble des faits est certainement fini et dénombrable. Mais seulement jusqu'à un certain point car on ne prolonge pas indéfiniment la cessation. Il n'y a de certitude que tronquée. Même la pire des certitudes.


grandes fouilles dans le dépôt de restes et de signes. papier et vêtements décomptés dans le plâtras. terre pleine. gisement de dispersions revécues. sédiment incohérent de nouveau disséminé. ruine inféconde. tronquer la mémoire. se faufiler dans l'encoignure. bête d'ombre le savoir croît.


Nous recueillons nos restes issus de destruction. Sans compassion, car on ne pleure ni le grain qui meurt, ni les foulées franchies. Sans gratitude, car la terre n'a pas le choix.


épopée discrète de la disparition. le temps disperse. tout mouvement est centrifuge. le bord croît démesurément. c'est le monde qui nous échoit.