jeudi 18 avril 2013

Arguments - 2 - L'homme - 7 - La terre (5)


Penser vite. S'ouvrir où ça crie. Durer où le temps souffre. Faire parler l'état de fait. Accoucher l'interruption.


brèche nue sur l'esplanade de béton. interruption lisible. friche d'espace mangé aux ronces. racine des murailles dans les fêlures ouvertes. la ruine vomit ses interstices sous la cécité souveraine de la lune blanche. brûlure ouverte sur les stries de l'ombre. ce qui n'est pas renaît.


L'aboutissement meurt sans filiation. Car il n'y a pas de différence entre ta vie et ton cheminement. Il n'y a pas de différence entre ta voie et tes revers. L'inachèvement est la tache germinale de l'action.


terre sillonnée d'échecs. mort et résurrection des fuites. on creuse ainsi son chemin. la désertion est une mort licite.


Les mots sont le séton du Verbe. La parole est le drain du sens. La pensée est un acte de déperdition. Le vide réajuste.


extérieur provisoire submergé par l'ombre. retrait circulaire du jour vers les bords du champ de broussailles. encerclement des preuves. bientôt nuit poing refermé surtout ce que l'on peut savoir.


Gardiens de l'en deçà. Verrous vivants de l'avant. Sans notre pesanteur, le réel s'écoulerait par son goulet transcendant et il n'y aurait rien.


crapaud stellaire et luciole. le néant mange l'absence. il n'y a pas beaucoup de portes pour entrer dans la nuit. si nous sommes la porte nous n'y sommes plus.


Ce qui existe s'achève, et existe en s'achevant. Même dans la douleur et dans la honte nous sommes à chaque instant le plus parfait de nos accomplissements possibles.


la lettre surnageait dans l'ombre du champ de vestiges. la planche de palissade démolie résistait encore aux submersions du jour et de la nuit. l'inscription mourait lentement. axe d'un tour de ronde tard venu dans la zone de péremption.