samedi 20 avril 2013

Arguments - 2 - L'homme - 7 - La terre (6)


Nous ne cessons pas de perdre et d'abandonner à l'autre ce monde transitoire dont notre esprit s'approprie en passant. Même si c'est nous mêmes qui récoltons le fruit de cette dépossession. Le plus souvent sans savoir.


tourne le dos et imagine. savoir prescrit. mémoire de rebut. nécrophilie de l'instant qui crève. connaissance récupérée où elle meurt.


Le monde et les choses nous disent, pour autant que nous sommes leur propre envers fonctionnel. Nous traversons ce grand vacarme intelligent comme le sourd volontaire qui s'obstine à penser dans le tumulte. La parole du réel se perd.


halte dans la tranchée d'herbes. rempart creux. fossé de clôture au terme du pays. limite dure du récit. tout ce qui vient du jour et du temps accoste en ce sillon factice. le nom des choses devient lucide.


Le réel apparent est la mesure du temps qu'il y a. Le temps n'ira pas plus loin que les choses visibles, même si nous les regardons éternellement, sans savoir.


recherche de la syncope. amputer dans les choses leur face d'avenir. en faire des cibles nues du sens. tout le sens qu'il y a.


Tout reste, si cela a été. Aucun mot ne subsiste, mais, même mortes, toutes les choses visibles et ostensibles que les mots révélèrent en passant. Cette désignation explicite ou implicite est le seul passé du monde.


germination calme du regret dans son alvéole de nuit vide. ciment scellé de fer et de béton lunaire. repartir d'ici vers l'intérieur d'un lieu amnésique. la nuit prête main forte au mutisme.


Le chemin court en nos veines, vers un étanchement. Le chemin est plus petit que nous. Nous sommes le plexus vasculaire des arrivées.


morsure aux lèvres mots sauvage. taillader partout le sens. sang aux lettres. écriture résolue. dieu n'a pas fini de nous entendre.