mardi 30 avril 2013

Arguments - 2 - L'home - 8 - Le sacrifice (4)



Dans le présent du corps repose cette virtualité de tout le savoir possible tronquée sans cesse par des messages ineptes. Simulons ce savoir total par un geste d'encerclement, de possession, éventuellement la mort.


chute du corps sur les caillasses. un peu de sang sur le tranchant de l'ombre. pierre de néant devenue vie.


Génération subie, génération réitérée, génération infligée. C'est la maladie incurable et la besogne inachevée. Il est cependant permis de simuler l'au-delà de la génération. Sans aller trop loin. Sans aller jusqu'à la mort.


ombre meuble dans le jardin de pluie. les mains et les bras vraisemblablement jusqu'aux épaules dans le bassin de pierre et de glaise neutre. aucune écaille de monde sur le fond lisse de l'étang. creux de bonde sous les doigts. embryon nul. génération du pays.


Toute perte transforme la présence en fonction. Nous ne pleurerons pas notre présence perdue. Nous la donnons, afin que quelque chose soit.


soleil de terrain vague reptile dégénéré. crémation lâche. chair et son parasite de chair qui la consomme. plonger le corps dans la vase. sauvegarde noire. germination du néant.


Il ne manque rien au monde qui ne soit du monde. Ainsi est-il absolument comble, comme il est, quoi qu'on fasse. Sauf se répandre en surface. Créer des veines et des jonctions superficielles. Agir en sarcopte de l'impénétrable. Transformer l'absolu en écriture.


veines de surface mycélium et lichens verts sur la statue de pierre. temps croupi bientôt restitué aux friches. monde repu d'heures et de jours.


Le destin ultime de ce qui est est d'être ce qui aura été. Ainsi nos ratés, échecs et morts partielles sont-ils les ratés du destin, mais aussi ses exploits uniques, définitifs et éternels.


durée déchet dans le déchet. traversée broyeuse. conversion du temps en résidu. la vermine s'en nourrit. nous survivrons.