jeudi 2 mai 2013

Arguments - 2 - L'homme - 8 - Le sacrifice (5)


Cesser de voir ne suffit pas. Il faut regarder au fond de la cécité pour y voir l'intaille empreinte par le monde. C'est la seule façon de rendre le monde absent.


la nuit durcit le masque. l'obscurité entrepose tous les déchets dans le creux du nom et du nombre. cependant les inventaires renaissaient avec la première rupture d'aube ouverte.


D'être là nous sommes pour le monde bouée de sauvetage, radeau, amarre et chaîne d'ancre. Nous assujettissons le monde au monde. Nous jouissons par la bande de sa jubilation à considérer qu'il est, et qu'il est un.


flot d'ombre et de pestilence. nuit enlisée. convergence obscure blessée par un souffle. il est facile de casser le monde


Il n'y a ni matrice, ni produit. Il faut s'abreuver souvent à l'absence de source. Mal ou bien, nous sommes les désaltérés.


quelquefois arrêt. douleur creuse matrice juste de la chute. sol d'ombre plate à y voir germer une infime plaie solaire. matrice quiescente des heures recouvrées.


Regardez. Le monde consiste en l'absence multiple et aveuglante de notre image dans le monde. Cela au moins durera.


paix par le vertige. déperdition de présence. creux dans le temps. tanière désertée à envahir. crevasse d'os sauvegarde locale du vide. être ici et transiter ici.


Séparation des choses en guise d'intelligibilité. Mais si on est soi-même séparation les choses restent dehors et le sens dévore le sens comme une bête brute cannibale. Était-ce ainsi déjà lors du commencent?


tir de volet battu disparition du champ de ronces. friches d'ombre dans la pièce vide. tir de volet crémation diurne et fondation du pays diurne. champ de ronces. palissade oblique en guise de code pour séparer le lieu d'ici et l'au-delà.