samedi 18 mai 2013

Arguments - 2 - L'homme - 9 - L'impasse (6/6)


On ne déchiffre pas sans détruire. Mais on déchiffre extrêmement peu. Le sens à venir a de beaux jours devant lui.
dévastation des bords. débris déchiquetés par le vent. la disparition écrit. la chose entend restituer le savoir.
Pulsation des intermittences. Archipel des discontinuités. Interruptions du monde, du temps, de l'espace, des choses. C'est notre véritable empreinte que rien ne comble, ni efface, ni décèle.
vertige crépusculaire. le lieu se sépare de sa propre description. matrice noire de l'écart. les pierres du sol broient l'évocation du sol. au milieu du terrain vague cependant l'épaule de l'homme endormi s'enfonce véritablement dans un amas de vieux chiffons.
Les interruptions sédimentent. Les débris du temps font sol. L'entreprise d'être se tient toujours sur les mêmes assises.
nuit de feu et de boue. résorption des inachèvements. d'une heure à l'autre l'histoire doit recommencer.
L'abandon nous instaure. Tout nous quitte et tout nous accrédite en nous quittant. Souffles, fluides, humeurs, paroles, mouvements, rats évadés d'un navire en perdition. Mais le naufrage est éternel.
miction au mur création d'un désert local. production simultanée du signe et du lieu. plaie au milieu de la séquence du temps. il y a d'innombrables façons d'être ici.
Peut-être le temps qui passe. Mort mangée heure par heure. Nous sommes pour nous mêmes notre propre dieu mort, le néant nourricier.
gué d'absence pour passer au delà. marcher pas à pas sur sa propre péremption. écraser le retour.