mardi 14 mai 2013

Arguments - 2 - L'homme - 9 - L'impasse (4)


La plaie n'est pas la mort, elle est ce qui meurt avec nous. La plaie qui ne meurt pas est le perpétuel éclairement qui nous voit. Nous sommes dévoilés.

lézard saccagé d'un coup de pierre. mouvements du corps transformés en code. plaie et douleur pour dénuder l'âme. dévoilement du sang et de l'esprit. ce n'était que ça.

Trois matrices nous engendrent. Notre nom constitué. L'obscurité constituante. Et nos mains, prédateurs intermédiaires de tout ça.

voir en passant. casemate vide. gesticulation d'un enfant d'ombre. fiches nominales compulsées dans un sous-sol éclairé a giorno. attestation de mort. le monde couve son prédateur.

Araignées cannibales dans le même bocal chaque mot émis tue tous les autres mots. Nous serions les démiurges créateurs de la parole en y instituant un silence salvateur. Un lieu du sens où rien ne serait admis à parler. Ni dieu, ni homme, ni chose.

mort des mots pour dire la mort qui se tait. poser la bouche sur la pire infection du sol. générer du savoir. tout est écrit.

Notre lieu d'existence est dans le retrait de l'autre, effectivement produit et expérimenté selon des modalités spécifiques: soumission, haine, écoute, offre de jouissance. Privés de cet écart nous ne serions nulle part. Encore un effort pour obtenir notre propre retrait, et notre séjour deviendra et glorieux et nul.

spectateurs attentifs autour d'un lieu vide. dos courbés sous le poids de leur propre absence. sol à fouler. il faut piétiner l'inexistence. aplatir par terre la nullité de nos pas à venir.

Nous ne marchons sur rien d'autre que sur notre propre corps, et ce depuis le début. Corps multiple et disparate, fait de jours et de nuits, de pierres et de ronces, de mots de toute sorte.

sur le chemin crissement descriptif. menues carcasses animales. minéraux friables. piste pétrie de petites morts écrasées.