samedi 29 juin 2013

Arguments - 2 - L'homme - 10 - Mythologie (2)

Il faut par conséquent piétiner. S'enfermer avec l'esprit du seuil. Se rendre absent dans la poche même de l'hésitation à partir. L'esprit de la mort préalable est enfermé dans notre sac de peau. Et dans cette capsule germinale nous laisserons la nuit et le jour se manger l'un l'autre.


alignement de pierres sur la clarté du sable. terme factice. le vide se tâtonne par l'arête. sol ouvert aux barres d'ombre. plis de cassure équivalent parfait du savoir.


Mémoire d'aube. N'ignorons pas la cendre ardente qui a façonné le monde. Et comment le ferions-nous, puisque aujourd'hui encore cela revient remplir nos creux résiduels.


surdité de l'espace étendue crématoire des traces et des bornes. le souffle s'orne de douleurs rouges. nœuds articulés du dernier silence. séquence dénombrable.


Brique finie pour faire un monde. Des semeurs d'absence sévissaient. En tout lieu d'humain ils semaient l'absence et chaque absence portait un nom. Vide humain que n'importe quelle chose venait aussitôt remplir. Il y eut ainsi des morves des baves des sels des boues et des laves nommées d'un nom d'absent. Même du sang quelquefois.


barrière de pierres goudronnées. hauteur d'homme. lexique terminal.


La poussière creusée révèle la morsure sous-jacente. Empreintes ouvertes, gueule du reptile que nos foulées tourmentent. Ou la salamandre de feu qui interrompt l'addition des pas.


foulée de sel éclaté. l'astre de vase renoue le jour et son entaille. le bord trahit. l'épuisement prolifère. pays de boue redondante.


Nous voici. Nés d'une guenille et visités successivement par le vide par le souffle par l'ombre par des blattes par des rats par du feu. Le cycle fut court.


jonchée de gravats. cimetière de repères. sous des cailloux chien mort. vide aux narines.