mardi 2 juillet 2013

Arguments - 2 - L'homme - 10 - Mythologie (4)

Il se penchait en avant et interceptait le soleil. Il étendait son ombre sur les décombres pour les vêtir de chair et de corruption.


ici entrelacs de cageots concassés. matière animale dans les fibres. schéma de l'habitant.


La décomposition du sol crache sa progéniture de feu. Lueurs froides qui nous rendront visibles. La mort rebroussera chemin.


caniveau de poussière et de pierres. flot d'un vide unique explicitement affirmé. le corps absent s'était roulé sur le sol et dans le creux de son propre manque. dans la cabane de bois décomposé sommier fertile d'orties et de mousses. la terre outrepasse l'oubli de la terre et continue.


Ayant bu et vomi la Révélation survint. Couché sur sa flaque noire il se vit ramper et passer dans un flux de nuit noire issue de lui même. Toujours dans la même nuit, toujours dans un flot nouveau. C'était ça le chemin.


évidence limace au trou. la chaussée éboulée n'exprime rien sur sa trame intérieure.


Le récit mentionne la lacération de la face. D'autres témoignent du débordement des fosses. La vérité est autre. De simples crevasses, et autres béances mineures, avaient été souillées par le dieu. De souffle, de Verbe, et même de la chair d'un mort. D'une résurrection qui sait. On ne se méfiera jamais assez des failles.


chiens dogmatiques au loin. dans l'aboiement se glisse une bête tacite. joindre la meute. mâchoires de pierre soudée. incrustation musculaire du rejet. l'interstice gueule.


Le dieu n'y prête aucune attention. Vide après vide, il enjambe et passe outre. Du néant, il ne veut rien savoir. Cela se comprend. Pour ce qui le concerne, nulle part il n'y a eu rien, ni à aucun moment. Quand il n'y avait rien, il n'y avait pas de moment non plus. On le laisse passer. On le regarde s'éloigner au loin, en sachant qu'il ne sait pas.



parcelle de chaussée intacte incluse encore dans le déblai. geste de parcourir. lamentation mutilée.