jeudi 25 juillet 2013

Arguments - 2 - L'homme - 11- Le retour (5)

Le réel est la face externe du sens, qui nous est inaccessible. Seul le bord des mots touche le monde. À force d'en produire nous raffermissons l'enfermement. Toujours le même enfermement.
le feu en guise de preuve d'un rampement ancien. la casemate noircie démontre la validité de la fin. viol concevable du pourtour de la niche. corps rejeté sur l'esplanade de pierre. instant incendié l'issue du bunker inscrit sa noirceur vide au bas de la grande page solaire. extérieur resté fidèle à son origine désastreuse. des lézards quelquefois vont et viennent dans les trous bordés de ronces.
Bénissons les limites, ne craignons pas l'infranchissable. cherchons partout des bords pour nous rapatrier. Nous les inventerons au besoin. Le monde est la syntaxe de notre cécité portant sur l'au delà du monde.
éveil factice. regard sans horizon. trou d'évacuation cosmologique. monde transformé en anus du monde. nous n'en sortirons pas.
Même l'extrême enfermement mental engendre des signes qui semblent venus d'ailleurs. Même l'enfermement dans un signe. Même dans un signe de mort. Nous maltraitons gravement les signes.
capture nocturne. vol furieux des repères. courroux d'homme. plaque de tôle brandie et agitée dans l'air. signe de mort tournoyant dans son propre hululement. chute finalement du corps et de l'arme dans son sol de nuit de ronces et de boue.
Le réel est prodigue en épuisements. L'exhaustion mécanique du possible est son organe vital. Sinon on n'aurait pensé qu'une seule fois.
sortir tout entier de la disparition. capturer le néant face à face mais en serrant les dents. bouche ouverte aveu de vie.
Seul une chose du monde peut accéder au monde. Mais si quelque chose du monde est entrée en nous, cela nous y transportera. Même l'oubli du monde est une chose du monde, et l'amnésie la plus brutale est une passe comme une autre.

par la crevasse faciale engouffrement des décombres visitées. commencement des choses de plus en plus lointain. cependant fourmilière affairée des bêtes de migration reconstruisent le ravage.