samedi 20 juillet 2013

Arguments - 2 - L'homme - 11 - Le retour (3)

La lettre brûle ce qu'elle désigne, et elle ne désigne que cela. La lettre brûle, non pas comme la crémation des morts, mais comme le four du potier.
brûlure aux yeux. double solaire du dégoût. cicatrisation du retrait. face de terre simple et purgée de tout sauf de la lettre purifiée qui l'indique.
Se séparer de soi, certes, mais il faut reconnaître le chemin. On se sépare de soi selon un chemin tracé. Toute destruction qui nous frappe fera l'affaire car elle nous montre notre avant et notre après. Sur la voie de la perte de soi on ne peut pas s'égarer.
reflet dans la flaque larve d'homme. épaules dans la mare. jonction de tout. échouer à se franchir. vivre dans la défaite. l'annoncer d'une face d'humain quelconque.
Dans les choses et dans la pensée l'initialité est morte. Ce qui est est l'autre de tout ce qui est. Sauf si nous ne le savons pas. Seul cet oubli nous conduit à créer. Quêtons l'oubli créateur, car nous créons par méprise.
face aux averses dire la brèche humide du monde. mortification de la bouche dans sa propre bulle d'air noyé. fondation annoncée d'une cité préambulaire.
Nous croyons bien faire. Nous cicatrisons, nous colmatons, nous cautérisons, nous suturons la négation. Quand ce sera terminé, quelque chose d'autre que l'humain pourra prendre place ici. Sauf si la négation est notre unique habitat, essentiel et précaire.
mémoire exténuée. disparition du bourreau. interruption du meurtre. néant ébréché. la mort est cassée en deux. bonne matrice pour revivre.
Chacun de ces concepts simples, irréductibles, que seul leur propre nom décrit, comme dieu, être, homme, chose, a cependant un bord. Le bord de ce qui est spécifiquement autre que lui et dont il est lui-même le bord. En quelque sorte des concepts noirs. C'est la précarité de l'absolu.
repli vif vers les murs et vers les ombres aplaties sur les murs. le bord des taches griffonne les parois. pierre placentaire décomposée. il faut acquiescer au savoir.