jeudi 11 juillet 2013

Arguments - 2 - L'homme - 11 - Le retour (2)

Nous pouvons penser la fin de la pensée, mais cela ne constitue pas une pensée. C'est notre tentative d'aller au delà qui se dit ainsi. Une brèche qui se réduit à être une brèche. Mais nous savons percevoir le souffle conceptuel qui la traverse.
nuit des choses dégoût omniscient. magie foraine perpétuelle. la fin reproduit l'origine. l'esprit de dieu flotte toujours au dessus de nos vasières.
Tourner le dos souverainement. Créer l'affirmation et la négation. Articuler le réel. Fournir une syntaxe à l'apparition du monde. C'est l'origine des choses.
ombre épuisée autour de sa tache de lumière. homme de face. muraille de crémation. le dos demeure dans l'ombre comme s'il y avait eu un monde. incendie aux yeux renard de feu dans les semailles. paroi d'homme immobile tous les lieux tout d'abord s'occultent.
Ne pas aller où est l'autre, prendre soin de son désert. Quant à son propre désert, l'abandonner aux invasions bienveillantes.
grouillement humain dans les choses de friche et de désert l'espoir demeure. repeupler nos ombres. habiter nos défaillances. coloniser le retrait. préserver entièrement le désastre des corps.
Ce qui ne se dit pas ne survit pas longtemps. Quoi qu'on dise, le secret souffre et s'amenuise. C'est la fonction du secret.
pierre à penser d'une muraille factice. murs d'ombre mi écroulés. nullité redondante. herbes découpées en segments noirs. acquiescement gris d'un ciel d'eau grise au-delà de l'éboulis. issue scindée par son propre pieu dorsal. mât ou verge. barreau vertical scellé en raison duquel il y eut un ici et un là-bas. ceci en pleine face déchiffrée pour dire l'altération du jour coupé en deux.
Être ici c'est dresser une barrière à l'au-delà. Mais l'au-delà consiste en notre propre opacité. Notre condition est d'être mur et feindre de savoir.
dehors ou dans la chair les murs ne tombent jamais. les barbelés sont incorruptibles. passer à travers ça et ne jamais s'éloigner.