mardi 13 août 2013

Arguments - 2 - L'homme - 13 - Le possible (1)

Ne redoutons pas le cercle de néant qui nous enserre et qui nous sauvegarde. Ma poussière future qui est déjà en moi est également la semence du temps à venir, où tout sera possible.
vent de scories aux naseaux. souffle venant d'ici et aboutissant ici. ne pas perdre de vue l'argumentation des poussières. forme dernière du nombre. graine d'ombre lunaire malgré le vent ancrage persistant.
Pensez. Il est inconcevable que l'homme soit dans le temps, sauf s'il s'agît de la temporalité d'un dieu, lequel est par essence sans temporalité. Le temps est dans l'homme et seulement dans chacun des humains. Sous forme d'urgence, dilation, abandon, hâte, lenteur, et toutes les autres distorsions répertoriées. L'éternité en est toujours à sa vie larvaire.
un jour conçu pour un unique humain. durée close à l'outrage. être l'invulnérabilité du monde. exempt de spoliation sauf le meurtre.
Les choses d'une vie disent plus sur la vie que cette vie elle-même. C'est un langage à apprendre, au fur et à mesure, avant qu'il ne soit trop tard.
enclave de sang sur la pierre. chute exacte sur la face. à partir d'ici le nom des choses subsiste où il est. une absence d'homme désigne chacune des pierres. autour de ça ronce noire vase noire. détournement funèbre du lexique.
Tout va très vite. Disparition d'un corps, naissance immédiate et mort immédiate d'un monde qui sans cela n'aurait jamais été. Le monde est flux et reflux suivant le rythme et le cycle de nos propres disparitions.
corps présent monde lointain. chute du corps rapatriement du monde. quelqu'un est ici.
La cessation du temps, si on y songe, est un fait temporel. Le temps ne disparaît qu'au sein même du temps. Par rapport à cette éventualité nous apparaissons comme un frein et comme un cliquet, l'échappement de cette horlogerie imaginaire. Nous sommes le retard à disparaître qui crée l'éternité.

attentivement frotter la chaux. doigts recourbés sur le mur. engendrer la naissance d'un fait surnuméraire. pistes tronquées et poussières de cendre factice. identité transitoire entre la peau et ce résidu du monde. forme sensible de la dispersion centrale du jour.