samedi 24 août 2013

Arguments - 2 - L'homme - 13 - Le possible (6)

Ni homme ni dieu, nul ne peut rejeter la plus dérisoire, la plus infime, la plus superflue des occurrences de ce qui sous-tend le sens et dont chacun de nous, dieu peut-être, est et producteur et véhicule. Jouons donc à en produire, beaucoup, pour voir.
tout est monde. tout fait sens. même le détritus est la glaise qui remplit le crâne vide d'un dieu. on ne va pas plus loin que la raison d'être des choses.
Soutenir, serait-ce en pensée, qu'un humain peut aussi bien être que ne pas être, revient à nous jeter tous dans un crématoire symbolique. Même si nous visons ceux qui détruisent l'humain. Tuer n'est pas annuler.
cendre écrasée. mort fossile. agitation terminale dans la cendre. forme du pas désagrégée. cendre d'esquilles propres le nom a forcé sa limite.
On ne fait pas le bien avec le mal, même en détruisant le mal. Quand le mal disparaît, il disparaît pour rien. Ce qui est détruit ne se rétablit plus et notre monde, issu de destruction, est constitué principalement du manque de ce qui ne peut plus être.
suicide rituel des murs et des constructions du camp. restes d'un échec à s'abolir. monde de nouveau innocent.
Chaque soubresaut du corps est en même temps un retrait du monde. Et avant le reflux ce vide est aussitôt comblé d'une chose hybride, faite d'espace et de matière, mais aussi de jouissance et de douleur.
tout conduit au sommeil de tout. les grandes grottes palpébrales enserrent leur vermine. monde et spores de monde dans la vase noire. tout ce qui fait retour est né ici.
Tout apparaît au cœur d'une incommensurable cécité. Notre vision n'est qu'une écharde dans l'œil de l'infini cyclope.

tuez le visible pour incuber les germes de son nom. l'obscurité voulue est le plus grand des objets.