mardi 17 septembre 2013

Argumens - 3 - L'être - 1 - L'arrivée (5)

Ce qui se sait et ce qui se voit n'est pas ce qui est. C'est un texte codé, compte rendu erroné d'un acte de dépassement. La fausseté des signes enveloppe la certitude ontologique comme un réseau vasculaire qui la nourrit.
lourdeur des eaux dans la ronceraie. précarité d'insecte créateur de parcours périssables. terre ouverte. empreintes infimes d'un vieil incendie. les noms d'achèvement se perpétuent.
Nulle chose n'est la source de sa propre permanence, issue de toutes les choses inférieures et supérieures. La continuité irrigue et nourrit chaque chose, afin d'être. L'être que nous désignons est le sujet supposé de tout ça, et rien d'autre.
les traces mangent les traces. le chemin est une chasse cannibale. grouillement de blattes topologiques entre le pas et la présence.
Si on enlevait à ce qui est la moindre particule de n'importe quoi, bribe d'entité dérisoire, brindille morte, souffle de cendre dans l'air, désigner l'être deviendrait incongru. Or, il manque quelque chose, et nous le savons.
cercle de cendre momie de présence. sol effrité. rouille de lichens rouges désignation faible du sang. question par question visite lente du lieu. sur le socle de ciment érection enchevêtrée de poteaux gris. le vide se resserre.
Toute chose réalise l'extériorité de l'être à l'être. Toute chose réalise l'extériorité de cette même chose à elle-même. L'acte d'être est un voyage accidenté.
sol de cendre blanche progression ralentie. la destruction du temps progresse par petits bonds. le sang aussi a son double mortifère.
Le contact voire violent est l'acte par lequel la séparation se sépare d'elle-même. L'être disjoint et relie. Sa réalité est cicatricielle.

fraîcheur d'une pierre de sang au front. murs miséricordieux. un peu plus de proximité vers la paroi terminale. face encerclée de souffles. sommeil vertical. le retour s'accompli.