samedi 7 septembre 2013

Arguments - 2 - L'homme - 14 - Le même (6)

La parole ne provient pas de la parole, ni la vérité de la vérité. Comme ces ancêtres de l'homme qui gardaient la flamme d'un feu accidentel, la parole et la vérité emmènent partout leur plaie ouverte, d'où elles proviennent, comme si rien n'avait été.


se blesser dans le noir. faire crier la nuit. redoubler la parole.


Même anticipé, le chemin est une réminiscence. La chair a déjà abouti. Ce qui se dit erre entre ces deux berges.


lettres de migration les signes et les panneaux s'entassent dans la décharge. déversement d'orientations fragmentées. moisson tardive des issues promises. bientôt achèvement dans le feu comme si on aboutissait.


La parole est humaine lorsqu'elle annonce ses déclins, ses cassures, ses désastres. Le reste ce sont des corps et des choses.


chaque chose redit toutes ses désignations révolues. il ne naîtra plus ni de mots ni de choses. charbon de guenilles dans la clairière. tenter l'incinération. la cendre est univoque.


Tu peux certainement créer un vide du sens dans le sens, mais tu ne peux pas y habiter. Ni toi, ni autrui. Quant aux dieux, ils y sont déjà.


le cercle du corps mort se reconstruit. souches creuses et lichens perdus aux bords. signe monotone d'une identité vide. écart entre la main et le plan dorsal du monde souffle articulé de la volonté de poursuivre.


Sur la voie de la perte le monde nous autorise à rebrousser chemin. Il faut perdre l'inconcevable à reculons. Rejeter l'indicible au moyen du suprême bégaiement du possible.


le retrait engendre un monde. un recul mesuré du corps articule un langage. ensuite retourner dans le langage et dans le monde. délaisser l'oubli.