jeudi 12 septembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 1 - L'arrivée (2)

L'être, manquant, agît sur la parole par succion comme sur la plaie envenimée un guérisseur primitif. Penser l'être consiste à tendre vers lui toutes nos plaies noétiques.
face nue dans la morsure de l'air. le désert renifle sa proie. cracher devant. sauver la présence
Qu'il y ait une borne à l'être provient du fait que nous sommes là. L'absolu plane au dessus de ce chaos, océan noir, abîme de nullité circonscrite. Il plane et ne se pose pas.
remparts fictifs. invention des limites avec nos propres déchets et nos propres excrétions. entailles mal articulées comme un chemin.
Si nous pouvons ne pas nommer l'absolu, il se déploiera comme étant à lui-même le mot qui le dit sans terme et sans mesure. Les noms sont la mutilation du Nom.
lire sur soi. décoder la peau. repousser le monde. mettre à mal la présomption d'inexistence. sueur de sel sol natal.
Pour que le Tout se déploie, même infiniment, il lui faut un centre différent de lui. Cela est son mal rédhibitoire. C'est l'abîme à travers lequel il s'écoule vers rien. L'absolu vit et meurt.
simulation de cécité. perturbation infime du vide. matériaux de rebut. briques et dalles au milieu du terrain de boue et de jour caustique. achoppement de la fin.
Quelqu'un l'a fait, et c'est bien. Regarder du côté de l'être en tant qu'être c'est accomplir de nous-mêmes l'acte de dissimulation qui lui est propre. C'est la seule médiation de l'être à l'être que l'être peut supporter.

ainsi chien mort retroussis de babines noires. crocs nus chevillage dévoilé de la chair à la terre. l'expulsion se décompose.