samedi 14 septembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 1 - L'arrivée (3)

Malgré que l'on puisse la figurer en écrivant a = a, l'identité d'une chose à elle-même doit pour s'accomplir parcourir la totalité de ce qui existe, et subsumer tout ce qu'elle n'est pas. Ce cycle décrit l'être comme la totalité des choses qui existent, moins une. Et, à celle-ci, nous devons tenir.
bâtisse écroulée. bois gris mangé de rouilles sous la poussée végétale. structure des fuites charpentée par un squelette cloué et chevillé poutre par poutre. ne pas avancer vers les multiples sollicitations de la ruine. durer debout. martyriser le pas.
Toute chose anéantie sans avoir été connue est la matrice de l'unique néant qui est absolu et qui commence. C'est la génération physique de l'être absolu qui est son corrélat, et la preuve impossible à méconnaître que cela existe.
saillir la perte. naviguer dans la plaie. peupler la sanie de la terre. l'humanité qui manque est dans l'envers du monde.
Durée et étendue, peut-être simplement le sens, tout ce qui se produit a pour effet de couper l'être en deux. Avant et après, ici et là-bas, réel et irréel, manifeste et occulté, et ainsi de suite. Ce qui coupe l'être en deux est ce qui reste de l'être repoussé d'un côté et de l'autre de toute apparition.
saillie radicale. sol de nervures. ligne médiane du corps et du monde. broussaille nocturne interrompue et ressoudée.
L'aube dénude les plaies. Le jour doit y renaître. Toute chose a son jour, sa plaie, sa renaissance.
trahir les bornes du temps. dilacérer les téguments du jour. être le parasite sanglant de tous les achèvements.
Ce qui est se constitue en se moulant strictement dans le creux de sa propre nullité virtuelle. Or la parole est ce qui produit la nullité des choses. C'est donc le lieu où les choses peuvent naître.

l'ombre du corps se vautre comme d'autres bêtes dans l'accueil de racines infimes et intactes. un pas de plus et ça s'ajoute aux nouvelles configurations du sol. des arêtes de tôle scandent transversalement la désertion.