mardi 5 novembre 2013

Arguments - 3 - l'être - 2 - Généalogie (4)

C'est avec nos achèvements et nos déclins, avec nos péremptions charnelles et mentales que nous soulageons d'une ombre digressive le domaine où il commence à y avoir de l'être.
enfoncer la fatigue au fond de la chair et prédire un germination. bientôt un autre corps.
La pensée est une main. La saisie doit s'achever en plaie, sans aller jusqu'à la destruction de la saisie. Il restera toujours un peu de parole autour des choses, et du nom de l'être autour de l'être.
saisir le sol. s'emparer du caillot principal. pierre de fondation dispersée dans la terre. caillou indescriptible armé de tranchants et de cassures. déchiffrage abondant du contact de la main fermée et de sa plaie.
La forme use la chose et ronge sa valeur de signe qui témoigne du fait que cela est et que l'être, ici, persévère. Le regard juste défait la forme. Le destin ontologique de la chose est d'être selon ce qui se dit.
serrer les poings sur l'attente. pétrifier le refus. manger l'ombre fossile du mort qui revient. une pierre écrasée fait l'affaire.
Geste, parole, regard, simple présence, ce qui sert à la manifestation des choses ce sont encore des choses, passibles de manifestation. Sauf si tout se déploie de soi, sans délai et sans intermédiaire. Si tout constitue d'emblée l'ouvert.
pierre à lancer et plaie et touts les autres repères. migration abrupte. monde vers la dénudation du monde. grand dégât dans la terre. on aurait fouillé et laissé nu l'alvéole d'un incrustation sans nom. homme ou pierre de rebut. dépotoir saccagé. l'effraction épuise la terre matrice de lieux et d'issues. cache inutile.
Toute vision est le reste d'une clarté sans forme. Toute parole est reprise. Le dévoilement est subreptice. L'éclairement meurt en vision, et cette mort y ramène. Il est inutile de lacérer le visible.

éblouissement solaire fugitif dans la fissure transversale du mur. salut chancreux. grouillement bas des issues. peaux et murailles. fabriques déchirées d'au-delà.