jeudi 7 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 2 - Généalogie (5)

Notre langage est épuisé, comme par un sel marin, de toujours contenir l'assertion extrême. Mais il est facile de repasser par l'obscurité des choses. On peut à tout moment régénérer le secret.
camp totalement parcouru. fossés de ferrailles et de ronces. murs résorbés par la poussée turbulente de branchages et de guenilles. occultation abrupte du jour et du monde.
Chercher la circonstance où la parole tarit. Considérer que ce tarissement est la porte vers l'autre parole, même réduite à la dimension d'une passe sans étendue, impossible et indéniable. Et nul ne pourra plus se restreindre au dicible.
trouble dans la mort géographique. respiration du chemin pris dans sa propre glaise. il faut ramper dans un sillon de vent. redessiner le voyage.
Reconnaître l'opacité des choses. Restituer au monde beaucoup d'obscurité. Atteindre la pierre aveugle de la fondation de tout.
pénétration sans dégât dans l'ombre basse. égarement aveugle du jour dans son repli de boue et d'herbe. clapot d'un pas aussitôt cerné d'indifférence. poing au front faire cession d'un os dur à la dispersion ininterrompue du lieu.
Si la parole devance la manifestation de l'être, il est licite de l'attaquer avec toutes les armes que le monde nous accorde. Meurtrissures et atteintes, impasses, échecs, déserts, tourments, opacités. Tous les outils offerts pour la purification du savoir.
récolter une à une les pierres d'achoppement. charpenter de chutes le désir de durer. s'ancrer par les os à la terre terminale. contrecarrer la dispersion du pays.
Croyant voir le monde, nous voyons ce qui se passe dans nos yeux. En quelque sorte, nous ne voyons que nos propres yeux, où nulle chose ne fait défaut. De la même façon, c'est l'être qui accomplit l'acte d'être que nous imputons aux choses, et cela ne se voit pas.

au-dessus de nos têtes quadrillage fracassé d'herbes blanches. jour disjoint. observation péremptoire où rien encore ne fractionne le dehors. commencement rapatrié.