jeudi 21 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 3 - Trace (5)

Tout ce qui est a déjà atteint et épuisé son extrême possibilité d'être, et pourtant cela est toujours, dans le présent, comme si rien n'avait été, comme si nulle parcelle d'être n'avait été consommée. Ce qui est tue l'être, pour rien.
haleine noire jour jeté dans le jour et tout sera issu d'une seule exhalaison. cosse sèche insecte sec chose friable. travaux du feu le soleil nous encercle membre par membre affamé de noms explicites.
Il n'y a pas d'être, mais affirmation d'être seulement. Et cela ne s'efface pas.
nom de tous les cernes d'ombre impérissables. cosse imputrescible après les choses. premier échec du temps.
La possibilité d'anéantir est aussi inépuisable et étendue que l'être, et constitue peut-être la mesure de l'être. Si rien n'avait jamais été nous pourrions le savoir. Mais dans le domaine où il y a quelque chose tout acte de mesure est simulé.
au fond de la casemate vide sceller une fin fictive. chair du pouce opercule exact sur le trou de ciment. rebord blindé du jour. recommencement recommencé éclosion de pupe solaire.
Si en le mentionnant, nous songeons à l'être de tout ce qui est, que quelque chose soit en plus semble inconcevable. Sauf si tout ce qui est, voire l'être lui-même, est une chose en plus.
sang solaire deux fois assigné. bord du jour pas plus grand qu'un corps d'homme. remuer fait souffrir le temps.
La comparution du monde comporte une mécanique d'accueil et d'expulsion, flux et reflux dont notre conscience est la trace. Car sans le regard nous ne serions pas chassés de la présence des choses présentes. Et sans les choses cette expulsion échouerait. Dans cet ordre.

ombre noire sur le sol nuit enclavée. temps accordé à la dissimulation des choses. flaque de terre noire. la forme du départ s'y renouvelle bête toujours identique. la rémission se dissout dans une poche d'eau nocturne. éclat clignotant. ajouter à l'obscurité une paille d'éblouissement comme ne pas ignorer.