dimanche 10 novembre 2013

Arguments - 3 - L'être - 2 - Généalogie (6)

Ce que nos enquêtes fraient et parcourent était déjà un chemin. En toute découverte qui touche à ce qui est fondamental nous sommes héritiers d'un ancien dévoilement. Rien n'est plus vieux qu'un acte inaugural.
autant de vermine que de chemins. faisceau d'issues noué à mort. injonction de présence. ni chute ni frayage. les chemins survivent seuls.
Ne confondons pas l'occultation fondamentale avec nos absences épisodiques. Dans le suprême dévoilement seulement, l'être qui se dérobe apparaît comme tel.
face au mur de planches dissimulation du monde. fouet de vent au ciel. éblouissement inattendu à travers les trous de palissade. ce qui naît tout d'une pièce est le déchet de l'absence.
La distance véritable s'enracine ici et les distances lointaines ne sont rien pour nous. Tout ce qui est est notre lieu. Être ici c'est être en route vers le plus distant de l'être.
saillie de vent aux yeux. souillure crématoire aux narines. le monde manifeste sa présence. déchet de distance sédimenté sur la peau. approche d'un autre souffle.
La borne des choses nous procure des paupières et le droit de les abaisser à notre gré. La ponctuation est le seul défaut de l'être qui ne le spolie de rien.
la corrosion de peau poussière de surface faciale marque un temps d'arrêt exactement avant le monde. astre de rebut. production continuelle de la halte. miséricorde acerbe qu'on ne peut pas refuser.
Nous sommes l'interruption d'une autre parole, la rupture d'une autre pensée, le doute d'une autre certitude, la suspension d'une autre sentence. Nous en sommes le souffle et la racine, et nous ne pouvons pas faire que cela ne soit pas.

contraction de gorge entre deux souffles. spasme de la glotte d'une parole à l'autre. des univers passent sans être dits. firmaments escamotés entre deux balancements délibérés du corps. engeance discrète de l'écart.