samedi 12 juillet 2014

La dissipation 1


L'être est un vieux mulet sacrifié. Il n'en reste que le sang. Mais alors éparpillé partout.


lieu fait des vestiges où ne pas demeurer. éviter en connaissant. lecture forcée. ombre de traces et de présence écrite sur la face qui se tend. la fatigue use les signes.


Sans fausseté, que ce soit mensonge ou méprise, il manquerait, dans l'épaisseur fermée de ce qui est des sillons creusés pour que l'être passe et renoue avec sa propre permanence.


trop tard pour reculer épuisons les trajets. le monde se retourne sur le flanc animal régénéré. soulever la poussière du sol est déjà écrire une chronique falsifiée de la fin.


Douleur pour imiter la rupture d'éternité que toute chose matérialise et que toute disparition guérit. Puis l'écrire.


message martyrisé. recueil de signes. frontière confuse de la chose et du discernement. bords de rupture. ruines mi-cohérentes.


Souffle court, rigidité maxillaire, regard voilé, les attitudes de l'agonie constituent la seule émission possible du nombre sans successeur, et du nom sans épithète.


respirer sans plus. cri absorbé par son propre bord de chair. proclamation éventrée. extermination des animaux instables. rapatriement du mort.


Que l'être ne soit pas seulement la totalité de tout ce qui est n'entraîne pas qu'il y ait quelque chose, voire l'être, en plus de l'être. Sauf les questions le concernant, ainsi que le fait qu'il en soit question.


l'ombre court derrière l'ombre et reconstitue sa propre clôture.