lundi 21 juillet 2014

La dissipation 2

Délibérément ne pas savoir requiert d'être au-delà de cette restriction. C'est un échec inévitable, et toute parole est la rumeur qui nous parvient de cet échec. C'est une limite à la possibilité de se restreindre, et cela délimite le monde qui existe. L'au-delà des choses nous a déjà égaré.

ouvrir les yeux une fois. séparer l'obscurité de son réceptacle pur. faire des mots et des mondes de cette glaise nocturne. ne pas confirmer le doute.

Évidence comme une tension stérile, toute chose nous signale son propre dépassement, vers nul terme successeur, si ce n'est la destruction. C'est ainsi que se produit le déclin brutal d'une différence entre le ici et l'au-delà, de même que la perte de la simple jouissance d'un présent identique à lui-même. Il n'y a pas d'en deçà. Nous ne sommes pas dans le monde.

ciel où le mur d'enceinte s'interrompt et affûte le tranchant d'une séparation jamais pensée. temps des mots partagés entre ici et au-delà.

C'est beaucoup plus tard que nous appelons cela du temps et de l'espace. Cela commence par être question, selon l'oscillation dans la pensée de l'être et du n'être pas.

mot à mot. sous couvert de chute déchiffrage de la fin. parole coupée selon les tranchants de pierre. parole de pierre. séparation tailladée. lecture évanouie.

Converger vers la vérité des choses identiques à leur propre précarité, à leur nature périssable. Par épuisement périphérique continu de la parole qui le dit parvenir à l'attention nue, au rien, aux signes sous le sable d'un être enseveli. Repartir de l'extrême disparition pour instituer la lisibilité du monde où rien n'est sans raison.

évidence de l'ombre comportant son propre commencement sa propre fin son propre désastre périphérique. façonnement devant l'ombre d'une face symétrique et seulement déduite.

La vérité requiert une vue trouble. Car il ne faut pas trop voir ce qui est mais résolument accepter d'en être la proie. L'être se regarde de biais.


face aux choses refus de voir outre. pénétrer la présence. absorber le dedans comme la chair d'un vieux crabe défoncé. c'est le monde qui s'ajoute au monde.