lundi 30 mai 2016

La répétition 1

Que le désir d'être ici se manifeste le rend ipso facto suspect. Truisme ontologique, mais également impossibilité. Rien ne dissout, rien n'affaiblit l'illusion de pouvoir en sortir. Il nous reste à désirer que cette illusion soit elle-même épargnée par l'illusion. Le possible n'est rien d'autre que le dépérissement du futur.

aube du rassemblement. projecteurs et silence. par le carreau de fenêtre noire souffle stérile empli de noms. insufflation de glace. unité de l'appel. dans la vase salivaire génération de créatures issues du souvenir d'un lieu lointain.




Toute progression requiert un sol. Nous nous produisons afin de pouvoir nous piétiner et nous franchir. Mais il arrive que le piétiné morde le talon du piétineur, et le cloue sur place. Il faut passer avant d'avoir pu.

animaux de paroi. tout est limite. cal d'être. peau d'inexistant. un pas en vaut un autre.




En creux et presque in absentia nous sommes la matrice abusive de notre propre effigie. Nous la produisons, nous l'incubons, nous nous efforçons d'en accoucher. Et à force de faire naître cette effigie factice nous ne saurons pas ce qui, de nous, est né véritablement et c'est heureux.

en réalité rien. fenêtre d'eau. reflet de figure humaine. verre apposé directement sur l'aube d'acier. génération de traces sur la chair imprégnée de jour naissant. le nom du temps est devant nous. code du jour qui meurt avant son heure. crapaud de route aplati sur le goudron.