mardi 31 mai 2016

La répétition 2

Notre parole est strictement simultanée de la manifestation terminale de la chose dite. Dire échoue ou achève. Si nous parlons, nous disons la fin, irréversiblement. Ce que nous dirons toujours. Nous ne dirons rien d'autre.

dernières écumes aux commissures du jour. l'aube oublie l'achèvement du temps. on dira encore quelques mots.



Ce qui apparaît procède de notre cécité. La vision instantanée nous échappe. Nous nous contentons d'une rétrospection immédiate, du fond d'un écart presque nul entre ce que nous voyons et ce que nous savons que nous voyons. Comme si nous étions les maîtres du visible.

voir plus loin. préserver la boursouflure du sol. ciment fendu et frottement de moignons. le pays tâtonne son terme. bourrelet rudimentaire pour attester l'oubli.



Le contexte réel nous révèle par bribes comme un pochoir inépuisable, de la même façon que la conscience semble éclairer ici et là le fonctionnement ostensible de l'esprit. Nous sommes bombardés d'identifications sporadiques. C'est ce qui construit le langage dont nous n'aurons actualisé finalement que quelques bribes, formations discontinues, manifestations opportunistes.

le visible aux aguets. piège bien amorcé. tout ce qui apparaît terrasse l'incertitude. regard analphabète constitution du monde.