lundi 2 mai 2016

Le sacrifice 3

Quelquefois rejetés du présent, anéantis, chassés vers une sorte de génération tardive, externe, marginale, de rebut. Résister ne sert qu'à creuser les chemins de l'expulsion. Engager la lutte est déjà capituler. Acquiesçons à cette naissance-là. Peut-être l'unique.
d'emblée trop d'ombre. poussière noire de la nuit chaude. amnios brûlant. désert et ses issues qui grouillent d'un grand grouillement. l'invention du départ s'affole. nuit trouée odeur de vide extérieur.



Louons ce qui s'abaisse. C'est un signe et un appel. Révérons la terre en sa réalité vile, ce que la terre est dans la terre, et non pas sous la forme de son enveloppe magnifiée. Ombre et vase. Ignorance et sidération. C'est le noyau de l'esprit.
la bouche ouverte dans la vase noire. mort nourricière. nuit et douleur source basse de la vie qu'on a. les yeux ouverts dans la vase noire. folie et l'obscurité véritable nourriture maternelle. le sein vivant a généré la mort.



Mais on ne cessera jamais de voir sa propre cécité, ni de percevoir la forme précise de son propre silence. Il faudrait un double regard pour ne pas voir ce qui ne se voit pas, et une double parole pour taire ce qui ne se dit pas. Ce qui, exactement, nous manque.

cri de fer piétiné. la douleur guide. la rumeur du sol foulé organise les parties constitutives du désert. les yeux ouverts résorbent leurs jumeaux d'ombre.