mercredi 4 mai 2016

Le sacrifice 5



Le savoir n'est pas contenu dans la parole, dans laquelle, moyennant une autre parole, nous serions admis à le puiser. La parole est dans le savoir comme un lierre dans la muraille. À la fois dissociation et sauvegarde. Nous pouvons seulement croître.
pierre lavée de pluie. face battue. collision du vide et de l'emplacement du vide. marteau de pluie industrie primitive de l'image de l'homme. sol de flaques douces. doux grouillement de fractures liquides.



Pour autant que le présent épuise la possibilité d'être de quoi que ce soit, au présent, au passé et au futur, nous n'avons plus rien à acquérir. Tout ce qui existe est le reliquat d'une capture aboutie. La preuve en est que, relativement à tout ce qui existe, nous pouvons le dire.
proie dans la gueule. avancer dans l'envers de la face à mordre. happer le vide.



Nous ne voyons pas le monde que nous voyons car nous nous y voyons nous mêmes en train de le voir. Le visible n'est visible que s'il imite strictement le reflet qui, en nous, le représente. Même s'il s'agît de ce qui ne peut pas se voir, ou de ce que nous ne savons pas voir. L'irreprésentable a une forme.
laper l'image entre les débris flottants. tiges d'herbe et orties déchiquetées. recomposition du monde dans sa figure de reflets. saccage fertile.