mardi 24 mai 2016

L'impasse 7


Notre lieu d'existence est dans le retrait de l'autre, effectivement produit et expérimenté selon des modalités spécifiques: soumission, haine, écoute, offre de jouissance. Privés de cet écart nous ne serions nulle part. Encore un effort pour obtenir notre propre retrait, et notre séjour deviendra et glorieux et nul.

spectateurs attentifs autour d'un lieu vide. dos courbés sous le poids de leur propre absence. sol à fouler. il faut piétiner l'inexistence. aplatir par terre la nullité de nos pas à venir.


Nous ne marchons sur rien d'autre que sur notre propre corps, et ce depuis le début. Corps multiple et disparate, fait de jours et de nuits, de pierres et de ronces, de mots de toute sorte.

sur le chemin crissement descriptif. menues carcasses animales. minéraux friables. piste pétrie de petites morts écrasées.


Chaque lettre viole le savoir. Rejetés du terme et du fondement, ancrés en ce lieu pauvre, nous sommes la horde qui campe en pleine ville, sous les fenêtres du Prince, fatals aux prêtres et aux seigneurs. Nous sommes la décadence, nous chevauchons à cru les flancs de l'histoire.

plus loin la décharge. dépotoir de vieilles archives. la fosse de papier interrompt la prolifération des certitudes. crématoire symbolique d'un savoir qui déborde. ici naît un nombre ultime.