dimanche 5 juin 2016

La Répétition 5

Il faut beaucoup s'abaisser en soi, descendre très bas dans l'échelle de sa propre configuration, aller plus bas que la bête, pour marcher sur son propre sol et comprendre le sens du chemin. Encore un peu plus bas et on atteindra à la lecture.

du vent souillé sur le mamelon tumoral du champ de fer et d'acides. tumulus de terre noire durcie et lisse sous l'usure d'un souffle bas. poteau de tir brûlé écharde centrale du monde. alvéole noire matrice du temps peuplée d'animaux précautionneux. araignées d'ombre l'interprétation tâtonne et s'incruste patte par patte.




De gré ou de force, sauf à ne pas remuer ne serait-ce qu'une simple paille de notre néant, nous sommes une sorte de moulin à prières qui agite consciencieusement le texte qui est en nous. Si on arrêtait, ne serait-ce qu'un instant infime, le sens se romprait et ne survivrait pas. Et tout ce qui se pense deviendrait tardif et révolu.

vent dans les détritus de papier. le jour et la nuit pages tournées. lecture dans l'intervalle. dans la décharge la crémation des lettres ne s'éteint jamais. le savoir est inépuisable.




Cela n'apparaît pas. Cannibalisme métaphysique, le mortel, l'incarné, mange son propre double transcendant, chu d'un échec à franchir, ou à penser le franchissement.

le vide subitement. morsure au ventre. un chien tracte le corps en reculant. l'effigie et l'oubli crèvent dans les mêmes mâchoires.