lundi 6 juin 2016

La répétition 6

Le doute portant sur la fin, de soi, des humains, du monde, de l'univers, est toujours tardif et factice, et nous le savons. Mais c'est très productif. Il produit tout.

partir du charognard. se réincarner à rebours. provenir de la terre. disculper la pourriture.



Nous sommes sans parole devant la réalité strictement actuelle. Tout pays est un pays oublié, même celui qui se déploie devant nous, même celui qui nous colle à la peau. Il n'y a pas de retour.

champ anonyme. brèches du sol support saccagé d'un savoir tard venu. les goudrons et mâchefers récents reconstituent la clôture.



Rigoureusement considérée, la mort frappe très peu de choses de ce qui constitue notre existence. Un instant, une zone infime de notre biographie, rétrospectivement vouée à n'être rien pour nous, à devenir éternelle pour l'éternel, à partager le sort ontologique de ce qui ne disparaît pas.

apocalypse aux mains. corps recouvert de vestiges. débris de la peau et de l'esprit. matériaux de fortune. habitacle pour après le temps. décombres de la fin et du début.