vendredi 10 juin 2016

La répétititon 9

Dans la jonction du temps au temps nous sommes l'achoppement et rien ne nous éradique. La durée aime ramper sur ses propres écailles. Cela nous fait une biographie.

lentement la certitude. forme oblongue odeur de terre ouverte. sur le flanc au fond du fossé laisser faire la simple consécution du désastre. saccage des postures diurnes. aube logique au milieu du jour. suspension de tout pour commencer.




Notre mémoire est la pourvoyeuse des mots qui lui conviennent. Nous n'aurons pas accès à d'autres mots, ni à d'autres sources de mots. Et il y en a beaucoup plus qu'il n'en faut.

dans la pensée gros rat prédateur du doute. même des mots sans suite accréditent la mémoire. même rien.




Il n'y a pas un lieu pour mourir, on n'assigne pas sa place à la disparition. Cette certitude est indéniable et illisible. Comme une interminable parole univoque dont on ne peut saisir ni commencement ni fin ni accident intermédiaire.


les trous de fondation resurgissent. mutilation du pays. terre amputée. exhibition des plaies. tranchées dénudées sans ombre et sans équivoque. soleil aveugle. jour tronqué moignon géographique. le lieu étale une supplique creuse. les fosses deviennent illisibles.