mardi 19 juillet 2016

Le retour 7

Pour supposer le monde où nous ne sommes pas, nous devons imaginer notre implantation et notre retrait. Mais le retrait survit. L'absence n'est jamais pure.

boue instable pour témoin. fragments du râle et du soubresaut. bête longtemps suppliciée le départ remue et souffle.


Carnassiers discrets, notre proie est le néant. Mais nous n'irons pas plus loin que la morsure. Le néant se mange vivant.

corps dans la vase exilé de la mort. il y aura eu un seul départ et une seule disparition. le néant ne se débite pas. ça a déjà commencé.


Le réel est la face externe du sens, qui nous est inaccessible. Seul le bord des mots touche le monde. À force d'en produire nous raffermissons l'enfermement. Toujours le même enfermement.

le feu en guise de preuve d'un rampement ancien. la casemate noircie démontre la validité de la fin. viol concevable du pourtour de la niche. corps rejeté sur l'esplanade de pierre. instant incendié l'issue du bunker inscrit sa noirceur vide au bas de la grande page solaire. extérieur resté fidèle à son origine désastreuse. des lézards quelquefois vont et viennent dans les trous bordés de ronces.